Xynlya


 
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 La Grande Guerre (Partie I)

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KingOfMephidross
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MessageSujet: La Grande Guerre (Partie I)   Dim 18 Mai - 12:20

(je me permet de modifier ultérieurement si nécessaire les récits de ce topic)

Chapitre 1 : Prophétie ?

Xynlya. Grande île et royaume de la magie. Chaque habitant possède cette capacité, à l’exception de quelques cas particuliers. Cependant, cette caractéristique dans ce monde n’est pas celle que l’on voit dans les grands spectacles de magicien. La frontière qui différencie ce type de magie à celle de Xynlya est énorme. Car les magiciens que tout le monde a l’habitude de voir font apparaître des bouquets de fleurs de leur manches, scient leur assistante en deux, puis la rassemblent, ou encore font sortir des lapins blancs depuis leur cylindre ! À Xynlya, les fleurs sont remplacées par les flammes, les ennemies sont sciés en deux et gémissent à la mort, et ce sont les dragons et les chimères qui sortent de nulle part ! Cependant, le nombre de conflits dans ce monde était faible. La plupart de ceux-ci avaient comme protagonistes Grund Flagma, appelé aussi la flamme humaine, étant donné son maniement parfait du feu et seigneur de la partie montagneuse de Xynlya, et Gal’za Bryonno, surnommé le grand moine pour sa grande sagesse et sa foi envers un possible Dieu outre le ciel, et seigneur des plaines de Xynlya ainsi que d’une minime partie de la clairière. Les querelles entre ces deux mages possédaient une absurdité inimaginable. D’autres seigneurs tel que Fokro Wong, maître Elf de la forêt, grand dompteur de bêtes et druide réputé pour ces plantes médicinales, trouvaient ses deux «collègues» des êtres puérils indignes de commander un territoire. Cependant, il faut admettre que leur puissance est trop grande pour les chasser de leur trône. De plus, le peuple que chacun gouverne refuse que leur seigneur soit remplacé. Un autre cas de refus de réélections de la seigneurie est celui de la nouvelle gouvernante de la seule péninsule de Xynlya. La jeune Slika Tryon, qui n’a que vingt-et-un ans, fut choisie par les Tryons, habitants de son peuple. Malgré le fait qu’elle refusait catégoriquement, la population décida que la fille d’un grand lobotomiste récemment décédé et ancien roi ferait une seigneur parfaite. Tous ces gouvernants ont l’air de bien traiter leur peuple, sauf un. Le seul qui n’a pas été choisi par le peuple : Kraal, alias le réanimateur suprême. Cet homme – ou zombie, ses origines sont inconnues – est le seul tyran que Xynlya est jamais connu. Sa capacité à réanimer les morts et à «s’auto-réanimer» fait de lui un grand seigneur militaire, mais la vie de son peuple est négligée. Les trois-quarts de la population est gravement malade, que se soit par la famine, l’hygiène ou tout simplement une maladie due aux insectes et bactéries que les marécages leur servent de domicile. Le pire est que la moitié des habitants de ce territoire maudit est morte, et Kraal en a profité pour les transformer en zombie pour son armée. La mort de sa population représente pour lui un avantage, car chaque cadavre représente un soldat de plus. La seule question que l’on se pose est : « Qui est plus monstrueux ? Les soldats ou le seigneur ? ».
Heureusement, un homme s’est dédié au bon fonctionnement de son île : le Grand Mage, Rasaska Xylon. Son territoire se situe au centre de la forêt de Torasak, gouvernée par Fokro. Au centre d’un désert, pas si grand que ça, se trouve une forteresse, la plus imposante de Xynlya. La population de ce mini-territoire est toute concentrée à l’intérieur de ce palais. La faune et la flore du désert Vakara est misérable. Quelques plantes grasses ou végétaux séchés ainsi qu’un nombre minime de petites bestioles des sables survivent dans cette désolation, en dehors de la forteresse et capitale de Xynlya : Ryonk. Ce nom ne tomba pas du ciel. Le Mage Éternel qui créa l’île de la Magie portait également ce nom, précédé par Trokon. Les rumeurs prétendent que Rasaska fut l’apprenti de ce Mage. Plus d’une personne doute que ce fait soit réel. La création de Xynlya date de près d’un siècle… Quoiqu’il en soit, le Grand Xylon n’en demeure pas moins un être hors du commun. Il accueillit dans son royaume les exilés ou les personnes ne pouvant pas se permettre une habitation dans leur territoire. Évidemment, ces pauvres gens éprouvent une reconnaissance folle pour cet homme, or, la plupart des exilés rejoignent la grande armée des Sauveurs Xylon, formée de 48 soldats, qui ne sont guère, malgré leur nombre minime, des êtres négligeables. Avec le soutien de Rasaska, les Sauveurs empêchèrent plus d’une fois qu’une guerre trop importante éclate entre les différents territoires. De plus, il est important de préciser qu’une armée standard de Xynlya ne compte pas moins de 500 soldats… La puissance des Sauveurs Xylon n’est pas à négliger.
Bref, nous avons là un plan des plus intéressants et polyvalents ; un elf à la tête d’une armé, deux seigneurs en querelles, une jeune fille qui hérite la place de son père, un tyran-zombie immortel qui terrorise son peuple, sans que quiconque ose se révolter, et un Grand Mage, soit disant apprenti du Mage Eternel… Tout ce qu’il nous faut pour qu’un immense conflit éclate. Cependant, la « Grande Guerre » de Xynlya ne naquît pas des différences des seigneurs. Ai-je attiré votre attention, cher lecteur ? Pas de panique ! Ces quelques lignes qui suivent seront plus que suffisantes pour satisfaire votre curiosité !

Quelques heures avant l’éclat de « l’harmonie » de Xynlya, le Grand Mage Rasaska Xylon – homme imposant ayant la quarantaine, muni d’une armure d’un rouge de sang et une cape de la même couleur, portant, sur son dos, un mètre cinquante d’épée rangée dans son fourreau - se tenait devant la fenêtre de sa chambre de nuit, dans la tour principale de la forteresse de Ryonk, entourée par le désert Vakara. L’imposant personnage scrutait l’horizon, non sans une légère inquiétude dans le regard. Il sentait une étrange sensation. Comme si la fin du monde était aux portes de son royaume, alors que les archers sur la tour de guet droit devant lui ne soupçonnait guère l’imminence d’un Armageddon. La pensée anxieuse du Mage fut interrompue par un courtisan qui frappa à la porte, appelant « Seigneur ». Un paysan demandait Xylon dans la sale du trône. D’après le serviteur, le fermier avait traversé la Forêt de Torasak depuis les Plaines de Sridak, juste au nord du royaume de végétation. Le voyage de l’homme ne fut guère de courte durée !
Lorsque Rasaska entra dans la sale du trône, le paysan – un vieil homme portant un chapeau de paille et des vêtements déchirés - était incliné, entouré par deux colonnes de soldats, munis chacun d’une hallebarde et l’armure d’où était dessiné l’emblème le la forteresse – cinq sphères embrasées chacune d’une flamme d’une des couleurs des différentes types de Magie, à savoir Blanche, Noire, Bleue, Rouge et Verte -, depuis les grandes portes jusqu’au siège du Seigneur, où le Grand Mage s’assit. Il adressa un sourire au fermier, puis demanda :
« Que me vaut le plaisir, de votre visite, humble paysan ? On me dit que vous provenez des Plaines de Sridak. Votre voyage a dû être long… »
Rasaska était toujours aussi aimable avec ces interlocuteurs, que ce soit des soldats, des habitants de sa forteresse, ou même des ennemies. Après les paroles du Grand Mage, le vieil homme se leva et répondit à sa question :
« Pardonnez mon intrusion dans votre royaume, Seigneur, mais ma femme, mes enfants et moi-même avons été forcés de quitter notre demeure dans les Plaines de Sridak. Un Torank – race de dragon aux grandes proportions, également utilisé comme destrier lors des guerres – a totalement carboniser mon champs.
- Certes, cela pose un problème. À ce que je vois vous êtes sain et sauf, voilà tout ce qui compte ! Je vous offre une demeure dans la forteresse…
- Attendez ! interrompit le paysan avec colère de sa voix presque maladive. Ce champ représentait tout pour moi ! Mon vieux et mon grand-vieux ont transpirés pour qu’il soit ce qu’il était jusqu’à quelques heures ! Je demande que justice soit faite !
- Certes, certes, mais voyez-vous, dit le Grand Mage, en tentant de le calmer, je ne peux rien faire, si nous ignorons qui est le propriétaire de ce Torank. Si ça se trouve, ce n’était qu’une créature errante…
- Et bien, j’ai une preuve, lui répondit le vieil homme avec satisfaction, que ce Torank appartient au Seigneur Flagma ! L’emblème sur le front du dragon étant le sien ! »
Xylon resta silencieux. Sur son visage d’où l’on pouvait lire le calme et la sérénité, semblait avoir peur. Et un Mage de son envergure n’éprouve pas de la peur pour une bestiole retrouvée dans ses chaussures. L’emblème de Flagma sur le front d’un dragon, et un Torank de plus… Rasaska connaissait l’identité du responsable du brasier sur les champs de ce paysan. Et la simple pensée lui donnait des frissons.
Il se tourna vers son courtisan, qui avait fait entrer le vieil homme.
« Vite ! Évacuez la forteresse ! Avant qu’il ne soit trop tard ! Vous aussi, finit-il de dire, voyant la perplexité du paysan. »
Le serviteur exécuta l’ordre et les soldats ainsi que le vieil homme sortirent de la pièce. Après quelques secondes, le son grave d’une trompe résonna dans tout le royaume. Rasaska monta dans sa chambre et attendit quelques minutes que la majorité des habitants sortait de la forteresse. Il sortit donc par la fenêtre, et flotta dans les airs, se dirigeant vers les grandes portes du royaume, ouvertes pour évacuer le palais. Une fois arrivé, il pointa l’horizon en criant à son peuple des « Vite ! » et des « Dépêchez-vous ». Les derniers à franchir les portes furent les soldats de sa glorieuse armée. La polyvalence de celle-ci était surprenante. Dans cette majorité humaine et elfique de soldats, se trouvaient également des gobelins, des mi-homme mi-elf, ou mi-homme mi-gobelin, et même un être mi-homme et mi-ondin. Son visage était celui d’un humain, mais au dessus de son crâne sortait comme une corne palmée qui retombait vers l’arrière. Ces yeux était également d’une créature, due à sa pupille en amande. Son uniforme de Sauveur Xylon, ses gants et ses chaussures cachaient quelques écailles et des doigts et orteils palmés. C’est cet être qui s’approcha de Rasaska.
« Maître, nous restons ici ! dit-il. Quelle que soit cette menace qui a fait s’évacuer la forteresse, nous ne bougerons pas ! Notre seule raison de vivre est de rester près de vous ! »
Le Grand Mage se tourna vers l’être, et lui sourit.
« Siryon, tu as été pendant quinze ans à la tête de cette armée. Je suis fier de tes prestations au sein du royaume. Mais je sais que tu as toujours voulu être au près de maître Tryon. Certes, maintenant il n’est plus parmi nous, mais sa fille Slika sera sûrement honorée de t’accueillir. »
Depuis son bannissement des terres de Tryon, ce dénommé Siryon a toujours désiré retourner dans ce majestueux royaume. Fils d’un ondin et d’une humaine, le jeune être n’a jamais été apprécié pour ces origines. Après que son père les eut abandonné, lui et sa mère, la pauvre humaine dut s’occuper d’une créature qu’elle ne pouvait allaiter, et qui avait besoin de nager régulièrement dans l’eau. Suite à une épidémie de peste dans le royaume, la mère de Siryon mourut. Le pauvre enfant, depuis ce jour, fut mal vu par les habitants du royaume. Étant né le 4ème jour du mois de la foudre (soit, le 18 décembre sur Terre), mois maudit, on crut qu’il était le responsable de cette épidémie. La seule personne qui était contre le bannissement de Siryon, était Kiryo Tryon, seigneur de la péninsule Xynlyane. Cependant, vivant dans un royaume de démocratie, la majorité des habitants décida d’exiler la créature. Siryon n’avait que quinze ans, et ne savait où aller. Il estimait qu’aller dans une des forteresses du royaume serait inutile. Il marcha donc jusqu’au désert Vakara, où il rencontra Rasaska. Ce dernier le nomma de suite commandant des Sauveurs Xylon. Sa grande capacité à respirer sous l’eau, à marcher sur les liquides et son contrôle parfait de cet élément ne firent pas hésiter le Grand Mage.
Siryon s’apprêtait à objecter aux paroles de Xylon, mais décida de simplement acquiescer, puis ordonna à ces soldats.
« Rentrons tous dans nos terres d’origines et laissons Maître Xylon s’occuper de cette menace ! »
Les soldats se regardèrent, puis chacun partit dans une direction différente, même le mi-homme mi-ondin, qui adressa un « Bonne chance » à son seigneur avant de partir lui aussi. Rasaska sourit à ces hommes, jusqu’à ce que le dernier ait franchit l’horizon. Il prit donc un air sérieux, et attendit dignement que cette chose approche.
Une tâche rouge commença à apparaître à plusieurs kilomètres du Mage. Elle approchait de plus en plus, et ses traits se faisaient de plus en plus nets, jusqu’à ce qu’il reconnaisse la chose ; c’était un immense dragon. Un Torank ? Oh non ! Bien pire ! Une fois arrivée, la gigantesque créature atterrit lourdement devant Rasaska. C’était un dragon d’une dizaine de mètre de haut, et une vingtaine de large. Ses écailles étaient d’un rouge de sang, ses yeux d’un noir de jais, sa pupille d’un jaune vif, et, sur son front, était dessiné un étrange symbole ; deux traits horizontaux, l’un plus petit que l’autre, traversés par une troisième marque verticale. Le tout était légèrement arrondi. Cet emblème était celui de l’armée de Flagma.
La créature attendit un moment avant d’adresser la parole à cet humain, qui paraissait petit et misérable face à ce monstre.
« Comme on se retrouve, vieux débris ! T’as pas changé tout au long de ce siècle ! Laisse-moi deviner : un enchantement d’éternelle jeunesse ?
- Par contre, malgré être resté un siècle pétrifié, tu es toujours aussi prétentieux, Blastak ! répliqua l’homme, sûr de lui.
- On peut en dire autant de toi ! »
Les deux êtres semblaient se connaître. Tout deux discutaient avec le sourire aux lèvres et une grande sûreté. Cependant, le Mage reprit rapidement son sérieux.
« Qui a rompu la malédiction à toi et les autres ? demanda-t-il.
- Tu sais très bien qu’il n’y a qu’une seule personne capable de le faire, à part toi, répondit la créature, avec une sorte de ricanement.
- Je lui ai promis que j’aurais protégé cette île, commença le Mage, en sortant son épée, dont la lame était d’une couleur rouge écarlate, de son fourreau, et qu’il pointa vers la créature. Et quitte à vous tuer tous les cinq, je maintiendrai ma promesse !
- Maintenant c’est toi qui fait le prétentieux ! répliqua le dragon suivi d’un deuxième ricanement. Mais plutôt que de t’occuper de nous, tu devrais penser à ce qui risque d’arriver, si la porte s’ouvre ! »
Le teint de Rasaska devint pâle.
« Il ne compte tout de même pas…, balbutia le Mage
- Et oui ! La Prophétie se réalisera une deuxième fois ! Avec une différence : tu vas perdre ! Car, même si ta puissance magique est énorme, ta résistance physique reste celle d’un humain ! »
Le dragon inspira un long coup, puis, en tapant une patte au sol, cria d’une voix rauque :
« Sahamath Gandu ! » (note : Sahamath = feu en Xynlyan, Gandu = vent : Sahamath Gandu = Souffle embrasé)
Les ailes déployées, une immenses masse de feu tournoyante jaillit de la gueule de la créature. Rasaska eut tout de même le temps de riposter.
« Mixto ! cria-t-il » (note : Mixto = bouclier)
L’énergie magique de Rasaska, se concrétisa en un bouclier bleuté, bloquant la braise du dragon. Mais la pression de l’attaque de Blastak était trop grande pour que l’humain pût la bloquer. Il fut expulsé contre l’arrière, fracassant la grande porte du palais. Les flammes tournoyantes s’amplifièrent, détruisant l’immense forteresse éternelle. En quelques secondes, la capitale Ryonk n’était plus qu’un tas de pierres, bois et débris. Fier de lui, le dragon sourit avant de dire :
« Finalement, tu n’étais pas si fort que ça. Repose en paix, démon. »
Et la créature prit son envol pour disparaître vers l’horizon.


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MessageSujet: Re: La Grande Guerre (Partie I)   Lun 10 Nov - 20:19

Chapitre 2 : La Grande Guerre débute (tiens sur 3 post)

Avec Blastak, 4 autres dragons ont été libérés de cette malédiction qui les pétrifia pendant près d’un siècle. L’un d’eux se nomme Sridak, le créateur des plaines. Dès sa libération, il rendit visite au seigneur de ses plaines : Gal’za Bryonno, dans la forteresse capitale des Terres de Gal’za, Shad’na, construite au centre d’un lac.
Dans sa chambre, devant son bureau, le surnommé Seigneur Moine – homme d’une quarantaine d’année, portant un manteau d’un blanc immaculé - contrôlait l’argent gagné par les récoltes de sa propriété. Il ignorait qu’un immense dragon aura ravagé un de ses champs. Avec les économies de l’année précédente, le peuple Shad’nan pourra tantôt se permettre un nouveau temple dans la clairière Wong, à l’est des plaines. C’est lorsque Bryonno posa sa plume, qu’un courtisan, essoufflé, pénétra dans la salle.
« Mon Seigneur ! s’exclama-t-il.
- Vous auriez tout de même pu toquer avant d’entrer… répondit le roi d‘une voix tranquille et sarcastique. Bref, que se passe-t-il ?
- Dans la cour principale ! Un énorme Torank a atterri ! Et il parle ! Il semblerait qu’il vous demande ! dit le serviteur apeuré comme s’il avait vu la mort.
- Un Torank ? Faites-moi voir ça… »
Le moine suivit le soldat, tous deux sortirent de la tour et du palais, arrivant dans la cour principale.
Devant eux, un dragon immense, aussi gigantesque que Blastak, se tenait devant eux. Ses écailles étaient du même blanc immaculé que la robe de Gal’za, et la créature semblait avoir une barbiche au menton, telle une chèvre des montagnes. Sur son front, un symbole ressemblant à un bouclier traversé par deux épées était imprimé.
« Vous êtes donc le Seigneur de mes terres, commença la créature sous les yeux apeurés du corps de garde. Je me présente : je suis Sridak, créateur des plaines. Je suppose que plus d’un grimoire nous mentionne, mes confrères et moi. Sachez que la malédiction a été rompue, et les autres dragons désirent la guerre. Certes, je suis totalement contre, mais je refuse qu’il arrive du mal à mon peuple.
- Je vois, dit le seigneur avec perplexité. Moi-même je refuse que l’un de nos hommes périsse. Mais notre Tout-Puissant nous protège depuis là-haut ! finit-il de dire en levant bras et tête au ciel. »
Sridak fixa le Grand Moine d’un air étonné. Les Shad’nans ont toujours été superstitieux, mais de là à croire qu’il ait un être outre les nuages qui fait des miracles…
« Je suis ravi que vous partagiez mon point de vue, dit-il. Puis-je vous nommer Gal’za, ou dois-je vous appelez seigneur Bryonno ?
- Appelez-moi comme bon vous semble ! répondit le monarque. »
Le dragon eut un sourire avant de partir vers l’horizon. Gal’za le lui rendit en faisant de même. Le même courtisan s’approcha du seigneur pour lui murmurer à l’oreille :
« Maître, allez-vous vraiment écouter ce monstre et rester sous vos défenses sans attaquer les autres territoire ?
- Tsss ! Et puis quoi encore ! s’exclama le moine avec mépris, sans trop élever la voix. Je lui ai dit que je protégerais son peuple, mais je n’ai jamais dit que j’aurais aboli mes conquêtes !
- Seigneur… balbutia le courtisan avec nervosité. Je ne voudrais pas faire le pessimiste, mais… Ne croyez-vous pas qu’il serait préférable de ne pas trop énerver ce dragon ?
- Insinuerais-tu qu’il serait un danger que je ne pourrais pas l’arrêter ? dit son roi en le regardant avec mépris. Sridak est puissant, certes. Mais ma grande capacité à maîtriser le vent est meilleure ! Notre Tout-Puissant m’a offert une grande quantité de Timma ! Rien ne peut m’arrêter !
Le Timma est l’énergie magique qui coule dans les veines de tout Xynlyan, sauf de rares exceptions, affectés par une maladie génétique, provoquée par un virus qui « mange » cet afflux magique. Lorsque cette réserve d’énergie se vide, les capacités du propriétaires sont nuls, à moins qu’il puise dans son Timma vital, qui risque non seulement de l’épuiser, mais, si cette réserve se vide, il peut engendrer la mort.
Le courtisan se tut et s’apprêtait à rentrer dans le palais, si le Grand Moine ne lui aurait pas exprimé ces mots :
« Demande à Art’or Puksyo et à Geris Cyclo de venir me voir demain soir, avant le coucher du soleil. »
Sur ce, il rentra dans la tour pour continuer sa comptabilité.

Ce même phénomène arriva au sud des Plaines de Sridak, dans la Forêt de Torasak, territoire de végétation, peuplé de faune et de flore uniques. Non loin de la côte, dans la somptueuse et luxuriante forteresse Wong, le seigneur elf, Fokro Wong – elf aux cheveux longs sombres, plus grand et costaud qu’un humain, phénomène très rare dans sa race –, torse nu, donnait des coups à un tronc, dans la salle d’entraînement physique de la forteresse.
Lorsque le dénommé « Puissance » donna un coup de pied fatal à sa victime inanimé, on toqua à la porte.
« Entrer ! cria Fokro, épuisé.
- Mon seigneur, on vous demande à l’extérieur du palais, dit son courtisan, de sa même race elfique, quoique bien plus petit et maigrichon, une fois entré dans l’immense salle, dont les armes longeaient ses murs et toutes sortes de pantins en bois étaient debout et intacts, ou à terre et détruits.
- Et qui est-ce ? demanda le grand elf, en ramassant les débris de bois pour voir les effets de son attaque.
- Et bien… commença le serviteur. À vrai dire…
- Allez ! Crache le morceau ! s’écria Wong, impatient.
- Vous avez présent Torasak ?
- Oui, le dragon légendaire. Et alors ?
- Et bien, c’est lui.
Fokro resta silencieux pendant quelques secondes.
« N’était-il pas pétrifié ? demanda le seigneur.
- Si, justement. Cela m’a rendu perplexe également.
- Et bien, allons voir ce qu’il me veut !
- Je vous apporte votre manteau ?
- Nous avons devant nous un être légendaire qui demande à me voir, dit tranquillement le roi, non sans une pointe de sarcasme. Je ne peux tout de même pas me présenter torse nu !
Le courtisan se sentit honteux d’avoir posé la question. Lui et le grand elf sortirent de la salle
d’entraînement, puis se séparèrent. Après quelque minutes, Wong fut rejoint par son serviteur, lui apportant son long manteau vert aux bords dorés, où un symbole semblable à un coléoptère doré était imprimé sur le dos, dont le seigneur se vêtit. Les deux elfs sortirent du château, arrivant dans la place du marché de la forteresse. Plus d’une personne exclamaient des « Le voilà ! », pour ensuite s’approcher de leur roi, les mains en barquette remplies de pièces d’or. Fokro leur faisait signe d’arrêter, et leur disait toujours, en pointant un ou plusieurs mendiants, logeant le sol :
« Je crois que ces pauvres gens en ont plus besoin que moi. »
Les « Merci » de la part des mendiants ne manquaient jamais. Souvent, on a de la peine à croire
que ce colosse (en rapport avec la race elfique, bien sûr) soit capable de tant de bonté et d’une grande capacité à produire des médicaments à base de plantes. Mais personne ne s’attarde sur la question. C’est un grand seigneur respectueux, et cela suffit largement pour le servir.
Le roi et son courtisan sortirent de la forteresse, dont les remparts étaient couverts de végétation. Au dehors, entouré par les arbres et les plantes, un immense dragons d’un vert luxuriant les attendait. Il étaient légèrement moins gigantesque que Sridak, mais pas pour autant moins imposant. Le symbole du coléoptère doré tatoué sur son front prouvait que c’était bien Torasak qui se tenait devant les deux elfs.
« Et ben ! s’exclama le seigneur. Je n’aurais jamais cru de vous voir en chair et en os !
- Et moi je ne m’attendais pas à voir un elf de ces proportions ! dit le dragon de sa voix rauque.
- J’aime me maintenir en forme ! Les arts martiaux ne sont pas seulement pour ces barbares des Montagnes !
- Et il n’est pas pour autant un cancre en médecine ! dit le petit courtisan d’une fine voix.
- Ah, et au fait ! Je suis Fokro Wong, seigneur de votre somptueuse forêt et du peuple Yilfyu, dit le grand elf, se rendant compte qu’il ne s’était pas présenté.
- Je suppose que je n’ai pas besoin de présentation ! répondit la créature. Mais tu peux me tutoyer.
- C’est un honneur ! Alors, en échange, tu peux m’appeler Fokro.
- Je ne voudrais pas interrompre vos trouvailles, finit de dire le courtisan, laissé à part, mais je doute qu’une dragon légendaire pétrifié pendant près d’un siècle rende visite à un seigneur pour aller se couler une bière à la taverne du coin !
- Ah oui, c’est vrai ! fit Torasak, presque en claquant des doigts. Je suis venu pour vous avertir que je ne suis pas le seul à avoir été libéré de la malédiction. Les autres dragons également et ont décidé de déclencher une guerre, identique à celle que nous avons combattu avant l’arrivée de Ryonk.
- Très bien, dit Fokro, en perdant le sourire qu’il avait jusqu’à présent, pour le retrouver après une dizaine de seconde. C’est l’occasion rêvée pour tester les fruits de mes entraînements ! »
Le dragon rendit une sorte de sourire à Fokro avant de dire :
« Je vois que l’adrénaline ne te manque pas ! Si tu as besoin de moi, je suis au Grand Temple, au centre de la forêt. »
Torasak prit son envol et se perdit au loin, caché par la végétation.
« Avez-vous un plan précis mon Seigneur ? demanda le courtisan.
- Pas vraiment, répondit le concerné, sûr de lui.
- Est-ce une attitude à avoir pendant une guerre ? dit le petit elf, d’une voix déçue.
- Certes, certes ! Mais tu sais bien qu’en dehors du combat et des potions médicinales, je ne suis doué en rien ! Et surtout pas en stratégie ! Mais, pour remédier, j’ai ma petite idée !
- Laquelle ?
- Demandez à un de mes fiers commandant de me servir de stratège !
- Mon Seigneur, commença le courtisan après avoir soupirer de désespoir, Yolan est votre seul commandant et niveau stratégie il n’est pas mieux placé que vous… C’est votre effigie sous forme humaine ! (en plus grand et robuste…)
- Certes, certes ! Mais ce n’est pas de Yolan dont je parler. Mais d’Ocarys.
- Vous voulez parler de l’hybride ?
- Exactement ! Mais je crois que si tu l’appelle comme ça il va te fracasser la tronche !


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MessageSujet: Re: La Grande Guerre (Partie I)   Lun 10 Nov - 20:20

Avançons vers l’ouest, au centre des montagnes accidentés de Xynlya. Dans une immense
salle identique au hall d’entraînement de Fokro, se tenaient quelques centaines de pantins en bois, dont toute la surface était emplie de piques. Devant cette armée inanimé, se tenait le grand Grund Flagma, dit la flamme humaine. L’homme de trente-neuf ans portait sur ses épaules une longue cape d’un rouge de sang, tenue par deux épaulière en argent. Sa barbe légère et ses longs cheveux marrons à hauteur d’épaule, sans oublier la cicatrice sur la joue droite, le rendent facilement reconnaissable. Derrière lui, contre le mur, les bras croisés, les 3 mètres de masse corporelle de Grank Okr, le dernier orque survécu lors du génocide de Kraal et commandant de l’armée de Grund, observait les êtres de bois avec fierté. La créature, qui n’a pas plus de vingt ans, tient depuis cinq ans la forge de son père, la seule présente dans les montagnes Xynlyane. Les deux haches derrière son dos montrent bien le côté guerrier de l’orque, qui n’a pas perdu sa fierté de combattant. Le maintient de ce four de métal en fusion ne pouvait qu’améliorer ses capacités dans le maniement des armes.
« Alors ? dit enfin Grank de sa voix rauque. Mes petits soldats vous conviennent ? »
- Mouais, répondit son Seigneur, peu convaincu. T’aurais pu faire mieux quand même !
- Comment ça ? fit le commandant, le sourire aux lèvres tout comme son maître. Deux cent quarante-sept pantins grandeur humaine et emplie de piques, et tout ce que vous avez à dire c’est « mouais » ?
- Oh, sois pas susceptible, Grank ! C’est suffisant. C’était quoi déjà mon record ?
- La dernière fois vous avez pulvérisé deux cent vingt-deux pantins le temps que je compte jusqu’à vingt-sept.
- Donc, si j’arrive à les massacrer en vingt-sept ou vingt-huit secondes, se serait un record !
- Mais ne vous forcez pas trop. Vous vous souvenez de ce qui c’était passé il y a deux mois ?
- Ouais, ouais, je sais ! J’ai trop donné pour un vulgaire entraînement ! Mais cette fois je me sens plus à l’aise avec l’enchantement.
- Si vous le dites. Je commencerai à compter lorsque vous aurez fait le premier pas.
- Comme d’ab’ quoi ! »
Grund fixa les pantins avec un air de défie. Puis, prit une longue inspiration avant de prononcer la formule :
« [i]Flagma Razu [i]! » (note : Flagma = flamme, Razu = rage, Flagma Razu = rage de la flamme)
Des fumeroles d’un rouge couleur de sang jaillirent des pores du pyromancien, sortant des manches. Ce qui expliquerait le manque de port de gants, qui ne manquent jamais à l’habituelle tenue de Flagma. Celui-ci se mit à pousser un hurlement, semblable à des gémissement. L’écho de ses « Ohhh ! » se fit sentir dans toute la salle. Il se mit donc en position d’élan, fléchit son genou gauche, tendit l’autre jambe et disparu. Grank commença de compter. Progressivement, les pantins se pulvérisaient par groupe. La fumée rouge qui traversaient les cadavres en bois et les différents gémissement de Grund, étaient les preuves de sa présences dans la salle. Lorsqu’il restait encore une bonne centaine de soldats inanimés, le décompte de l’Orque était déjà à vingt-quatre.
« Non, pensa celui-ci. Il n’y arrivera jamais. »
Eut-il à peine le temps d’y songer que les cent survivants trépassèrent en même pas 5 secondes. Lorsque la nuée de poussière se dissipa, on pouvait apercevoir le pyromancien dans une position identique à celle qu’il adopta avant de disparaître. Les pantins n’étaient plus que des tas de bois. Seuls les piques métallique survécurent au carnage, quoiqu’eux aussi subirent quelques dégâts, tel que des courbures. L’homme, fier de son œuvre se tourna vers son commandant, qui s’approchait.
« Alors ? demanda-t-il, essoufflé. À combien ?
- Et bien… commença-t-il, le sourire aux lèvres. Quand vous aviez détruit le dernier j’allais dire vingt-neuf. Mais je ne l’ai pas dit. Je crois qu’on peux le compter comme un vingt-huit, c’est-à-dire un nouveau record.
Grund sourit à son tour et fixa le plafond.
« Alors, c’est qui le meilleur ? fit-il avec prétention
- Pfff ! Si j’avais moi aussi un super sort de renforcement musculaire, j’aurais fait mieux !
- Avec des « si » on pourrait changer le monde !
Les deux se mirent à rire. Ce qui prouve que le Seigneur n’a pas subit trop de dégâts important. Ce qui vient d’être fait par la Flamme Humaine est l’un des sorts dit « prohibés », pour la simple et bonne raison que leur utilisation par de mauvaise mains pourrait être dangereux, non seulement pour les victimes, mais aussi pour le sorcier. Ce sort demande la consommation du Timma vital, plutôt que le commun. Une dépense trop grande de cette énergie n’abouti qu’à une seule conclusion pour son propriétaire : la mort. Seul un grand expert dans son domaine, tel que Flagma, ou le Seigneur Tryon en lobotomie, est capable de la doser et la contrôler. Les sort prohibés ont donc été abolis de l’enseignement pour les apprentis. Qui désire les apprendre devra le faire de ses propres moyens, avec les informations inscrites dans les grimoires, sagement gardés dans les entres secrètes des bibliothèques des forteresses.
Après son exploit, Grund sortit un cigare, qu’il alluma en claquant des doigts, lui faisant prendre feu. Le tabac contenu dans le cigare est en fait une plante à l’arôme très pimenté qui pousse uniquement dans les montagnes de Xynlya. Le végétal se nomme [i]Flagma[i], signifiant flamme. Ce nom curieux prend sa source des propriétés très pimentés de la plante, à un tel point qu’un être humain normal se verrait le palais embrasé et les glandes salivales desséchées. Certains prétendent que les dragons étaient des lézards qui se nourrissait de cette plante. D’ailleurs, la plupart de la faune de la région est cracheuse de feu. Ce tabac est donc enroulé à une feuille aussi brunâtre que lui, provenant de la même plante. La Flamme Humaine prit donc une bonne inspiration dans ce cigare, cendrant le papier, puis cracha une fumée rougeâtre de sa gueule. Grund à l’habitude de fumer régulièrement. Pourquoi sa bouche ne brûle-t-elle pas ? Et bien, pour lui, ce serait comme tenter de brûler du feu. Son nom l’explique également. Sa maîtrise du feu est si impressionnante que, même sous une distraction, une attaque de feu face à lui serait inutile. Au pire, il sentira des petits picotements.
« Ca fait du bien, quand même ! fit-il. »
Un courtisan entra dans la salle d’entraînement, haletant et interrompant la fête de l’homme et de l’orque face aux débris de bois des pantins.
« J’ai pourtant demandé de ne pas être dérangé ! fit le Seigneur, avec un légère pointe de colère dans la voix et le cigare dans la gueule.
- Pardonnez-moi ! fit le soldat. Mais il y a un Torank dans la cour. Et… comment dire… il parle ! Et il demande à vous voir, mon Seigneur !
- Un Torank ? Qui parle ? commença Grund avant de comprendre. Ah ! Je vois ! Ca doit être ce pignouf de Blastak.
- Blastak ? demanda Grunk. Ne serait-ce pas le dragon légendaire qui a inspiré pour notre emblème ?
- Non. C’est notre emblème qui a été tatoué sur lui, selon mon père. Enfin, selon le fils du Flagma qui aida à vaincre Trug lors de la Prophétie et l’information s’est répandue de génération en génération.
- Ca veut dire qu’elle se réalisera à nouveau, la Prophétie ?
- Selon les bouquins, oui. »
Les deux se dirigèrent hors de la salle, sous la totale incompréhension du courtisan. Lorsqu’ils empruntèrent l’escalier menant de la tour Nord-Ouest à la grande cour du palais, des cris, des craquements de flammes et la voix rauque de Blastak dérangeait le « silence » qui devrait régner sur la cour. Enfin, si ce n’est la voix du dragon, rien ne changeait de l’habitude. Des que Flagma atterrit dans la cour du palais, tout se figea. L’immensité de Blastak sourit à la vue de l’homme.
« Je te rencontre enfin ! Je t’ai tué quelques gardes, ça ne te dérange pas, pas vraie ?
- Je doute que mes soldats meurent pour si peu, fit le pyromancien sans perdre son sourire habituel. Mon armée est réputée pour être tenace !
- Tu es trop sûr de toi, petit homme ! grogna le dragon, lui, perdant son sourire. Enfin bref ! Je viens pour te faire une offre.
- Alors tu peux dégager, je la refuse !
- De quoi ?! gronda le monstre, cette fois avec colère. Ecoute ce que j’ai à te dire ou sinon… !
- Sinon quoi ? fit Grund, se forçant de ne pas rire. »
Blastak poussa un rugissement face à la dernière réplique de l’homme, avant de l’arroser avec une vague de flamme, qu’il bloqua d’un simple geste de la main. Le feu fit demi-tour et disparut peu à peu, jusqu’à ce que le dragon cessât de cracher. Flagma reposa son bras avec fierté, lâchant une nuée rougeâtre de la bouche. Une chose est sûre, il était très certain de ce qu’il faisait, devant son commandant orque, adossé contre le mur, les bras croisé, indifférent à la scène.
« Petit arrogant ! lança l’immense créature.
- Je suis amplement conscient de ta puissance, répondit Grund, sûr de lui. Mais je sais aussi que je suis meilleure et qu’aucune flamme ne peut me faire le moindre picotement. Tu ne peux donc rien face à moi. Ce n’est pas de l’arrogance, mais la pure et simple vérité.
- Enfoiré ! Quand je pense que j’ai attaqué le territoire Shad’nan avant de venir ici !
- Je ne t’ai jamais demandé de le faire. Et je ne vais sûrement pas être reconnaissant envers toi pour quelque chose que j’aurais de toute façon fait.
- Mais tu vas voir ! Lorsque j’aurai exterminé ton cher Xylon, tu feras moins le malin !
- Rasaska n’est pas du genre à se faire surprendre facilement. Malgré sa grande polyvalance, il reste une pyromancien de haut niveau. Sûrement autant que les élites de mon royaume. »
Blastak poussa un nouveau grognement.
« Mais dit-moi. C’était quoi ta proposition ? »
Se sentant déshonoré et offensé, le dragon s’envola en direction du désert Vakara. L’orque s’approcha de Grund en souriant, tout comme son Seigneur.
« Vous croyez qu’il va revenir ? demanda-t-il.
- Non. Il voulait sûrement me demander de lui donner le contrôle du royaume en échange de ma survie. Mais dis-moi Grank, tu es doué toi pour la chasse des primes ?
- Et bien… commença-t-il, embarrassé. On va dire que je m’y connais…
- Alors prépare-toi. Je veux que tu m’apporte ici Cœur De Sang. Il sera le deuxième commandant de l’armée !
L’Orc eut un sourire enthousiaste. Il se pressa de rejoindre l’escalier menant à la tour Nord-Est de la forteresse.
« Euh, Grank ! Ta chambre est de l’autre côté de la cour… »
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MessageSujet: Re: La Grande Guerre (Partie I)   Lun 10 Nov - 20:21

Déplaçons-nous dans les lugubres marécages de Tark. Un endroit où la vie est quasiment impossible. Tout comme l’agriculture. Les produits premiers sont exportés depuis les Plaines de Sridak, Gal’za Bryonno étant la seule personne qui accepta de donner ses récoltes en échange d’argent, qui est taxé aux citoyens. Et ce qui reste, c’est-à-dire pratiquement le triple de l’argent nécessaire, entre dans la poche du Seigneur, qui paie les soldats humains de son armée, à savoir les 4 Élites Katran, les nécromanciens et le quart des soldats de l’armée… Bref, un territoire qui méprise tout simplement la population. Et quiconque ose se révolter ou ne paie pas sa taxe, se retrouve à la rue.
Devant son bureau, Kraal, un être zombifié à la peau grisâtre, des longs cheuveux d’un noir de cendre tout comme ses deux moustaches qui lui retombent sur le torse. Sur tout son corps, notamment son visage, se dessinent des centaines de cicatrices. Le torse nu afin de montrer ces traces de lames, le tyran travaillait sur la comptabilité de son « royaume », abaissant le salaire de ses soldats, lorsque son courtisan entra dans la salle, ouvrant la porte à la volée et ,comme les trois autres, haletant.
« Mon Seigneur ! commença-t-il. Pardonnez mon intrusion mais…
- Mais quoi ? l’interrompit Kraal, sans trop de colère. Que t’avais-je demandé ?
- Ne pas être dérangé, mais… fit le pauvre serviteur, terrorisé.
- Ai-je admis des exceptions ?
- Mais mon Seigneur ! Un immense Torank attaque notre cour et…
- Notre cour ? fit le zombie avec un petit rire. Je crois que tu n’as pas saisi le truc. Premièrement, c’est MA cour. Et deuxièmement, qu’il y ait un Armageddon ou non, cela m’est complètement égal ! J’ai demandé de ne pas être dérangé sous aucun prétexte ! Et tu sais ce qui arrive à celui qui ose désobéir, pas vrai ?
Le courtisan prit un ton ferme sous cette dernière remarque. Le tyran se leva de sa chaise et se rapprocha de lui et le prit par le cou. Impuissant, le pauvre homme prononça ces derniers mots avec une profonde haine, mais avec satisfaction. Son regard perçant fixa directement pour la première fois celui de Kraal.
« T’es qu’un enfoiré ! Tu penses qu’à toi et tu te fout complètement de ton peuple ! Tu n’est qu’un monstre sans la moindre compassion ! Quand je pense qu’autrefois tu étais aussi humain que moi ! Alors ce n’est pas seulement ton corps qu’à été zombifié, mais aussi ton âme ! Car même le plus perfide et malicieux des hommes a un honneur plus digne que toi ! »
Le rire moqueur de Kraal ne fit qu’accroître la rage de son courtisan. Il le souleva et le regarda avec un sourire de dément. Petit à petit, une nuée noirâtre sortit des pores de l’homme, entrant dans les narines du zombie, dont les yeux virent au rouge. La victime se mit petit à petit à vieillir. Le prédateur absorbait le Timma vital de sa proie très lentement en lui parlant.
« Vous me faites rire ! Le dernier imbécile que j’ai tué m’a dit la même chose ! Etrange, avant on me demandait pitié ! Que vous est-il arrivé ? Vous êtes devenus plus courageux ? Plus rebelles ?! Mais lequel d’entre vous aura assez froid aux yeux pour m’affronter ? Personne ! Vous êtes bon pour la causette, mais c’est tout ! Pathétique ! »
Le regard de l’homme se vida, telle une sphère de crystal se voyant vidée de son eau. Kraal le lâcha, et le cadavre tomba à terre, sans la moindre trace de vie, détachant un bras et une jambe, tel se fracasse une statue de porcelaine. Le tyran décida d’aller contrôler sa cour, soit disant « attaquée ». En chemin, il croisa un nécromancien.
« J’ai un nouveau soldat dans ma salle de travail. Forme-le pour la prochaine bataille. »
Il descendit les marches qui menaient de son bureau à sa cour. Les hurlements étaient identiques de ceux entendus par le pyromancien et l’Orc. Arrivé à destination, il ne semblait guère surpris par ce qui se présentait devant lui. Des cadavres devant un dragon, plus grand que Blastak crachait des flammes d’un noir de jais. Sur son front, était tatoué le symbole de la mort sur Xynlya. À savoir un crâne dépourvu de mâchoire inférieur, d’où des fumeroles noires s’évadaient des orbites. Le monstre sourit devant le zombie.
« Dis-moi, commença-t-il. C’est toi qui nous a libérés ?
- Qui d’autre sinon ? répondit Kraal. Je suis le seul à avoir survécu assez longtemps pour connaître la formule inverse.
- Bravo ! Et qu’en est-il d’Apolypto ?
- Le projet est en cours. Mais le Timma nécessaire est bien plus grand que prévu. Mais j’ai plusieurs alternatives pour remédier. Ne t’en fait pas.
- Je rêve, ou tu viens de me tutoyer ? Enfin bref, pour cette fois, tu es pardonné. Après tout, je te doit la vie, en quelques sortes.
- Je vous prie de me pardonnez, ô grand Torasak.
- Ouais, ouais, c’est bon ! En arrivent jusqu’ici, j’ai remarqué que les marécages occupent une plus ample surface depuis ma pétrification. Tu as fait du bon travail ! Est-ce cela la raison qui t’as fait retardé notre libération.
- Oh non ! Mais je ne pouvait guère vous désenchanter avant ! J’ai dû attendre le moment propice. C’est-à-dire que Xynlya n’attende que la moindre excuse pour entrer en conflit entre les différents territoires.
- Je vois. Bon, je serai dans les Catacombes. Je te laisse la responsabilités des conquêtes. Mais la moindre erreur sera dignement punie !
Le monstre prit son envol avant de disparaître dans l’horizon. Derrière l’ombre du mur de la tour, surgit un soldat en armure, qui s’approcha du tyran.
« Maître, dans quel but avoir libéré cette créature primitive et prétentieuse ? demanda-t-il.
- Ne t’inquiète pas, répondit Kraal. Je ne fais rien sans un but précis. As-tu plutôt des nouvelles de Gruul ?
- Il est parti ce matin pour la forêt. Il est sûrement arrivé. Âme De Cauchemar, son fier destrier, est le plus rapide de Tark.
- Il doit à tout prix convaincre l’Hybride de rejoindre notre camp. S’il va avec Wong, il risque de devenir un problème.
- Dans ce cas, commença le soldat en échappant un petit rire, le problème ne durera pas. Je pourrai me charger de l’éliminer.
- Ne le sous-estime pas. C’est un guerrier-nécromancien à ne pas négliger. Et je e rappelle qui sait maîtriser l’Ocarina des Cieux aussi bien que son père.
- Autant pour moi, Seigneur, fit l’élite en s’inclinant.
- Pas grave, répondit le tyran avec indifférence.
- Mais au fait, comment comptez-vous vous y prendre pour le convaincre ?»
Kraal eut un large sourire avant de répondre un « Tu vas voir ! » à Sabre Noir, le chef du groupe des élites Katrans.


Finissons avec la péninsule Xynlyane notre voyage des rencontres entre dragons légendaires et seigneurs.
Vêtue d’un manteau à longues manche s’arrêtant au dessous du nombril et de mini-jupe en soie (rarement endossé, bien que la « mode » se répand petit à petit), une rose dans les cheveux d’un noir de jais aux mèches étrangement bleutées, la jeune Slika fixait une tombe, au dessus d’une haute côte, en sanglotant : celle de Kiryo Tryon, son père. La petite se retrouva orpheline, sa mère étant morte lors de l’accouchement. Sont-ce les conséquences pour être née le 5ème du mois maudit de la foudre ? Elle échappa un sanglot bruyant. Voilà 5 jours que, tous les soirs, juste avant le coucher du soleil, elle vient voir son père. Voilà 5 jours qu’elle se demande sans arrêt comment elle réussira à gouverner un royaume tout entier toute seule. Comble du malheur, ce matin, elle reçut la nouvelle que le lobotomiste commandant de l’armée a été retrouvé mort dans une rivière de Tark. La petite ne put qu’en déprimer. Elle fit afficher sur tous les murs et toutes les tavernes du royaume une annonce pour un quelconque lobotomiste, tel qu’elle, qui accepterait de commander l’armée à ses côtés.
Entendant un bruit suspect, Slika remonta ses manches, laissant apparaître deux bracelets métalliques allongés. Une longue lame allant jusqu’à son épaule jaillit du brassard. Une deuxième jaillit vers l’avant, tout juste plus loin que sa main. Le même processus se déroula pour l’autre bracelet. Les « Lobotomises » ou « Brassards Xelon » s’activèrent en mode défensif. Ce sont des objets magiques, créés par le clan Xelon, experts en lobotomie. Le fonctionnement précis de cette arme reste un pur mystère. Seul un lobotomiste expert est capable de l’activer avec la force de sa pensée.
Une fois les Lobotomises activées, tout se passa en une fraction de seconde. Slika se retourna, rejoignit ses mains avec ses épaules, repoussa son bras en avant, laissant jaillir de ses armes une lame d’un Timma bleuté, qui faillit heurté Countrak, le dernier des 5 dragons, de plein fouet. Contrairement aux autres, le créateur des Abysses avait plutôt l’anatomie d’un serpent, muni de bras et d’une tête de dragon, comme l’on retrouve dans les anciens récits chinois.
Ayant risqué de se faire blesser, la créature s’exclama, tout en voletant dans les airs :
« Oh là ! Du calme !
- Je déteste être dérangée ! fit Slika avec colère.
- Alors pardonne-moi. Mais j’ai à te parler. Tu es bien le Seigneur de la péninsule ? »
La jeune fille acquiesça, retrouvant son calme. Entre temps, les lames de ses Lobotomises « rentrairent » dans le brassard respectif.
« Et bien, sache que les cinq dragons légendaires ont été libérés, ce qui explique ma présence ici. D’ailleurs, tu n’as guère été surprise de m’entendre parler ? Je doute qu’en un siècle les créatures dotés de cette facultés soient apparus.
- Je vous ai rapidement reconnu. Les serpents volant ne son pas apparus non plus, répondit Slika en essuyant les larmes précédemment versés. Et pardonnez-moi pour avoir été aussi brusque, tout à l’heure.
- Oh non, pas besoin, fit Countrak en souriant. Plutôt, tu pourrais me donner ton nom et me tutoyer.
- Si tu le dis. Je m’appelle Slika Tryon. Fille de…
Malgré ses tentatives, elle ne put se retenir de pousser un sanglot. Le dragon-serpent voleta quelque peu, ce qui suffisait pour qu’il lise le nom gravé dans la tombe. Il eut une voix triste lorsqu’il prononça un « Désolé » à la jeune fille. Puis, il continua son discours sur le cataclysme qui venait de se produire.
« Je sais que ça ne doit pas être facile pour toi d’être nommée Seigneur à une période comme celle-ci. Mais sache que tu peux demandez mon aide quand tu veux. Je serai toujours au fond des abysses. Avise un ondin de la situation et je serai au courant en quelques heures.
- Merci, mais c’est pas la peine, répondit Slika. Je saurai me débrouiller.
- Comme tu veux. Bon, sur ce, je te souhaite une bonne fin de soirée. »
C’est sur cette dernière phrase que la créature plongea dans la mer Yon pour disparaître sous les eaux. La voilà encore seule. Mais c’est d’un pas décidé qu’elle fit une brèche horizontale dans le vide et, d’un saut, elle y entra pour se retrouver dans la salle du trône de son palais.


3ème du Feu, 12 heures environ après le lever du soleil, de l’année 98 : la Grande Guerre de Xynlya, vient de débuter.
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